Petite pêche en vidéo

Bar dans le golfe de Gascogne : La petite pêche prise en étau entre les propositions de la France et de la Commission Européenne

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 5 décembre 2016

 

 

Dans un « non paper » daté du 23 novembre 2016, la Commission Européenne fait un ensemble de propositions pour la gestion du bar dans le golfe de Gascogne :

  • Quotas mensuels par bateau pour tous les métiers, à l’exception des ligneurs qui disposent d’un quota annuel de 3,5 tonnes
  • Quota mensuel pour la plaisance fixé à 10 bars par mois

Dans le même temps, la France a publié un arrêté ministériel instaurant une limite de capture pour 2017 à 2 490 tonnes soit un niveau atteint exceptionnellement  et qui risque de n’apporter aucune amélioration pour la restauration du stock. Nous dénonçons fermement les modalités d’application de cette mesure, qui, avec un démarrage en janvier, favorisent les chalutiers, senneurs et fileyeurs qui ciblent le bar en période hivernale, avec des capacités de captures démesurées, et ne laisseront que des miettes aux petits pêcheurs qui dépendent pourtant quasi-exclusivement du bar.

Dans la mesure où la pêche est une compétence exclusive de l’Union Européenne, et que d’autres Etats membres sont, bien qu’à la marge, concernés par l’exploitation du bar dans la zone, nous pouvons nous demander quelle est, maintenant, la pertinence de l’initiative française ?

Nous tenons à rappeler que, dans le golfe de Gascogne, depuis environ 4-5 ans, les ligneurs de bar ont été contraints d’augmenter leur effort de pêche pour maintenir leur entreprise à flot. Bien entendu, cette situation ne pouvait pas durer, et l’année 2016 a marqué un véritable tournant avec une chute catastrophique des captures. Dans ce contexte, la mise en place d’une gestion à même de restaurer le(s) stock(s) s’appliquant à la plaisance comme à la pêche professionnelle serait une excellente nouvelle.

Nous nous félicitons que la Commission Européenne s’empare du sujet, malheureusement un peu tardivement. Cependant, l’écart des mesures entre le nord et le sud du 48ème parallèle est difficilement compréhensible :

  • Pourquoi les ligneurs en zone Nord disposeraient de 10 tonnes contre 3,5 tonnes dans le golfe ?
  • Pourquoi la Commission ne propose-t-elle pas de moratoire en février-mars comme en Manche ?

Dans sa proposition, la Commission se base sur une réduction de 2% des captures de l’année 2015, soit 2 205 tonnes, et effectue une répartition de ce total de capture entre le nombre de bateaux de chaque métier. Le calcul d’un quota mensuel « arithmétique » est bien entendu très éloigné de la réalité. Parmi les petits bateaux, nous avons de nombreux cas de figures : patron seul embarqué, équipage de deux ou trois marins, ligneur en activité quasi-exclusive sur le bar, pêcheurs polyvalents pêchant le bar, la coquille, le merlan, le lieu jaune etc. Pour cette raison, la fixation d’un quota annuel de 3,5 tonnes conduirait tous les navires ligneurs exclusifs avec au moins deux marins à la faillite. Il est donc indispensable que les mesures de gestion puissent préserver ces navires et leur allouer des capacités de pêche suffisantes, à minima 15 tonnes annuelles. Dans la zone Nord, les ligneurs exclusifs avec trois hommes à bord sont rares, sinon inexistants, contrairement au golfe de Gascogne. Nous avons accueilli avec satisfaction la limite de 10 tonnes annuelle en zone Nord car elle répond au cas de figure des ligneurs exclusifs (très peu nombreux) avec deux hommes à bord.

Compte tenu de la biologie de l’espèce, de l’incertitude sur la délimitation des stocks et des mesures déjà engagées dans la zone Nord, la mise en place d’un moratoire en février et mars dans le golfe de Gascogne est également indispensable.

Par ailleurs, le bar est une des rares espèces qui permet de faire vivre une flottille de petite pêche, pratiquant une pêche respectueuse du milieu et de la ressource, avec une excellente valorisation économique. Il est donc indispensable que l’allocation des possibilités de pêche du bar soit réservée en priorité aux petits pêcheurs, et notamment les ligneurs qui en dépendent le plus fortement. Les autres catégories de navires ne devant avoir qu’une autorisation de pêche accessoire, ce que permettraient les quotas mensuels proposés.

 

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