Petite pêche en vidéo

Bar dans le golfe de Gascogne : on rejoue le même scénario qu’au nord

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 14 décembre 2016

 

Le conseil des ministres des 12 et 13 décembre 2016 a abouti à un résultat mitigé pour la petite pêche et notamment les ligneurs de bar. En ce qui concerne les mesures de gestion pour le stock de la zone Nord, nous nous félicitons que le Conseil et la Commission reconnaissent les indéniables atouts environnementaux, sociaux et économiques de la petite pêche : très faible impact sur le milieu marin, excellente sélectivité, faible impact sur la ressource, fort taux d’emploi et excellente valorisation économique.

La dérogation au moratoire intégral de la pêche du bar accordée aux ligneurs, dans la limite de 10 tonnes par an, et aux fileyeurs, dans la limite de 250 kg par mois, avec un repos biologique hivernal essentiel en février/mars, permettra de préserver la flottille de petite pêche artisanale, si la ressource le permet

La fixation pour les autres navires d’un pourcentage de prise accessoire de bar défini par jour et non par marée, avec une limite de 400kg par mois constitue également une avancée afin d’éviter que des navires avec des capacités de captures surdimensionnées puissent effectuer une pêche ciblée du bar. Néanmoins, il sera indispensable de vérifier que le pourcentage (3%) autorisé ne conduise pas à une augmentation des captures totales de ces navires par rapport à 2016.

Et l’avenir s’assombrit dans le golfe de Gascogne

Si les propositions de la Commission contenues dans le non-paper du 23 novembre 2016 n’étaient pas acceptables en l’état, elles avaient au moins le mérite d’initier un véritable plan de gestion. Les mesures décidées par l’état français pour 2017, une limite annuelle de capture de 2490 tonnes et l’augmentation de la taille minimale de débarquement à 38 cm, ne permettront pas de restaurer le soi-disant stock du golfe de Gascogne. Les quantités débarquées au cours des sept dernières années n’ont dépassé ce tonnage qu’à deux reprises : 2013 (2532 tonnes) et 2014 (2900 tonnes). De plus, le démarrage du décompte de ce « quota » au 1er janvier laisse la voie libre aux chalutiers, senneurs danois et gros fileyeurs spécialisés dans la pêche hivernale du bar, de bien piètre qualité et vendu à bas prix. S’il reste encore quelque chose à pêcher en été pour les ligneurs, il leur faudra alors peut-être quémander le droit de pêcher le peu qu’il leur faut à leurs organisations professionnelles. Une bonne façon de faire taire les voix discordantes !

Contrairement à ce qu’affirme le dernier avis du CIEM de 2015 et les représentants professionnels français, nos pêcheurs, eux, témoignent d’une situation catastrophique de la ressource dans le golfe de Gascogne, d’Audierne à Saint-Jean de Luz. Ce n’est donc pas en continuant comme avant qu’on permettra au bar du golfe de Gascogne de se rétablir.

Pour les ligneurs, il aurait au moins fallu appliquer un repos biologique en février/mars comme en Manche. C’est une mesure pertinente à de nombreux niveaux : économique, car quel est l’intérêt pour la filière entière de sous-valoriser une espèce aussi noble que le bar ? Et biologique, car le bar est une espèce sensible, dont la reproduction doit être préservée.

Il y avait là en jeu l’avenir de centaines de marins de petite pêche artisanale et celui d’un métier qui avait pourtant toutes les qualités pour être l’un des piliers de la pêche de demain. Malheureusement, il semble que le scénario funeste de la zone Nord doive se répéter encore une fois et entraîner les mêmes conséquences : sortie du métier de nombreux pêcheurs, mesures radicales telles que le passage brutal à 42 cm, limites drastiques de capture, moratoire etc.

 

 

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