Petite pêche en vidéo

Assemblée Générale 2017

5ème assemblée générale de la Plateforme de la Petite Pêche Artisanale le 3 février 2017

 

La Plateforme de la Petite Pêche Artisanale Française a tenu sa cinquième Assemblée Générale le 3 février 2017 à Saint-Jean de Luz. Une trentaine de pêcheurs ont pu y participer, venus de Normandie, du Languedoc-Roussillon, de Bretagne et du Pays Basque.

Cette assemblée était l’occasion de faire le bilan de l’année 2016, une année en demi-teinte de manière générale pour la petite pêche. Pour de nombreux pêcheurs, la situation de la ressource est très inquiétante. En Normandie, Bretagne et dans l’ensemble du golfe de Gascogne, les pêcheurs font le constat de la raréfaction du poisson dans leurs zones de pêche, et notamment des espèces « fourrages » telles que le lançon, le maquereau, qui sont les fondations de la chaîne alimentaire, des proies dont dépendent beaucoup d’espèces que nos pêcheurs ciblent : bar, dorades, maigres etc.

 

La surpêche exercée par les chalutiers industriels congélateurs est bien entendu montrée du doigt, notamment pour son impact au niveau local, mais les pêcheurs se plaignent également de la concurrence déloyale exercée par les gros bateaux dans la bande côtière sur les espèces dont ils dépendent : bolinche (senne tournante) ciblant le bar et les dorades en Bretagne, chalut pélagique et senne danoise ciblant le bar, le maigre, les dorades, les céphalopodes, les rougets etc.

 

Les pêcheurs dénoncent également l’impact sous-évalué de la pollution, sous ses multiples formes (industrielle, agricole, urbaine) et de l’urbanisation sur l’écosystème marin et la qualité des eaux. Dans le cas de la civelle, les pêcheurs sont particulièrement préoccupés par la dégradation de la qualité des eaux fluviales.

 

Le travail réalisé par la Plateforme pour défendre les ligneurs de bar au nord du 48ème parallèle, en étroite coordination avec la Plateforme européenne LIFE, a été félicité par les participants. Il a été souligné que la reconnaissance des qualités environnementales, sociales et économiques de la petite pêche était une première dans l’histoire de la gestion des pêches européennes. Cette victoire est un acquis sur lequel nous comptons capitaliser afin que les dispositions de la Politique Commune des Pêches en faveur de la pêche à petite échelle, et de ses caractéristiques environnementales, soient enfin appliquées de manière concrète à une bien plus large échelle.

 

A ce sujet, la question de la répartition des droits de pêche et des quotas de thon rouge en Méditerranée et en Atlantique a été longuement évoquée. En 2016, la France disposait d’un quota de 3 487 tonnes de thon rouge. Sur l’ensemble de ce quota, plus de 90% ont été alloués à de gros navires : senneurs, chalutiers pélagiques ou canneur/palangrier hauturiers. Alors que la situation de la ressource de thon rouge s’est nettement améliorée depuis 10 ans, et que les quotas ont été largement augmentés, la petite pêche ne perçoit aucun bénéfice de cette amélioration. La colère monte chez les petits pêcheurs artisans, qui réclament qu’une répartition plus équitable des quotas et des droits de pêche soit enfin mise en place par l’Etat français.

 

Contact :

Ken Kawahara

Secrétaire

ken.kawahara(at)plateforme-petite-peche.fr

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