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Quotas de thon rouge : le gâteau grossit, mais pas le nombre de convives…

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 24 novembre 2017

 

Quotas de thon rouge : le gâteau grossit, mais pas le nombre de convives…

 

Le stock de thon rouge se porte mieux. Bien mieux même, d’après les décisions prises à l’issue de la 25ème réunion de l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique). De 23 655 tonnes en 2017, le Total Autorisé de Capture augmentera de 50% en 3 ans pour atteindre 36 000 tonnes en 2020, suivant la recommandation du Comité scientifique de l’ICCAT (le SCRS).

Cependant, ce même comité scientifique admet qu’un tel niveau de prélèvement devrait conduire à une diminution du stock et comporte un risque. Si l’on ajoute à ce dernier les menaces que fait peser sur le stock la pêche illégale, tant chez les pêcheurs professionnels que chez les plaisanciers, pour tous les pays concernés, cette décision d’une augmentation aussi importante est inadmissible.

Autre décision essentielle de cette réunion, il n’y aura pas de passage d’un plan de reconstitution à un plan de gestion, sur lequel comptaient les thoniers senneurs afin de rehausser le nombre de leurs navires autorisés à pêcher… Ainsi en mai dernier le lobby des thoniers senneurs industriels, mené par l’Organisation de Producteurs SATHOAN et avec le soutien du sénateur-maire de Sète François Commeinhes, a mené une opération à destination du gouvernement français afin d’augmenter le nombre de licences de senneurs de 17 à 22 et « définir et stabiliser les clés de répartition entre les différents métiers de la pêche au thon rouge ». Traduction : on augmente notre capacité et on verrouille ensuite… Et tant pis pour les petits métiers.

Car au-delà de la question du niveau d’augmentation du quota de pêche du thon rouge, nous sommes surtout scandalisés par l’absence de préoccupations de la part des acteurs censés « représenter » l’ensemble de la filière pêche, « du plus petit au plus gros bateau », concernant l’allocation de licences et de quotas à la petite pêche artisanale (http://www.comite-peches.fr/pleniere-de-liccat-espoirs-dec…/).

Rappelons que sur les 4 200 tonnes allouées à la France en 2017, les gros navires de Méditerranée et d’Atlantique (senneurs et chalutiers) s’accaparent la majeure partie (86% soit 3 600 tonnes), les 13% restant (520 tonnes) étant répartis ensuite entre ligneurs et palangriers de toutes tailles, avec, bien entendu, une majeure partie pour les gros navires… Que ce soit en Méditerranée ou en Atlantique, la flottille de petite pêche est à la peine, et disposer d’une autorisation de pêche du thon rouge représenterait pour eux une option salutaire.

En 2018, le quota français devrait augmenter de près de 800 tonnes, au bénéfice quasi exclusif de ces gros navires donc, alors que de nombreux petits navires n’auront que leurs yeux pour pleurer. C’est une situation complètement délirante, où une poignée de navires est assise sur un tas d’or, ne sachant plus que faire de leurs quotas, au point de déplorer leur « importance » (http://www.lemarin.fr/…/29983-la-peche-deplore-la-trop-fort…).

Qui est donc responsable de cette situation alors ? Ni l’Europe, ni l’ICCAT bien sûr, mais l’Etat français, qui détient le pouvoir de rétablir une répartition plus équitable des quotas de thon rouge entre les différents segments de la flotte. C’est l’objet de notre recours déposé en avril 2017 auprès du conseil d’Etat avec d’autres structures professionnelles, et sur lequel portent les espoirs de toute la flottille des petits métiers. Notre association renouvelle ainsi sa demande qui porte, pour toutes les façades, sur trois points majeurs :

- Une augmentation du contingent de licences de pêche du thon rouge (AEP) pour les ligneurs/palangriers de moins de 12 mètres

- Une répartition des quotas de pêche plus favorable aux ligneurs/palangriers, avec un quota « plancher » de 3 tonnes pour les ligneurs/palangriers détenteurs d’une AEP,

- Une autorisation de prise accessoire de thon rouge pour les ligneurs/palangriers d’au moins 500 kg

 

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