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Lettre de soutien aux pêcheurs des Hauts-de-France contre la pêche électrique

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Le 6 décembre 2017

 

Nous assistons depuis des décennies à une course sans fin, course vers de plus gros navires, vers plus d’efficacité, plus de profits. Conséquence de cette course au poisson, une dramatique surexploitation des ressources halieutiques qui a atteint son paroxysme à la fin des années 90. Et donc nous assistons depuis tout ce temps à une baisse continue du nombre de bateaux, de marins, aux ports qui se vident… inexorablement. Parmi ces techniques « modernes » et ultra-efficaces, il y a le chalut électrique, un engin d’une efficacité redoutable, pour les poissons, et les pêcheurs.

Le Parlement Européen sera prochainement appelé à voter sur la question de l’extension de la pêche électrique dans les eaux européennes. Au nom de l’ensemble de nos pêcheurs adhérents, notre association souhaite apporter un soutien FORT et UNANIME à nos collègues des Hauts-de-France dans leur combat contre la pêche électrique.

En premier lieu, nous tenons à mettre en avant la question de l’Homme au sein de ce débat. Quel futur voulons-nous demain pour notre flotte de pêche, pour nos ports, nos territoires ? Voulons-nous nous battre pour défendre une flotte nombreuse, pourvoyeuse d’emplois et qui crée de la richesse pour les marins, les ports éloignés, les criées, même petites ? Ou voulons-nous une flotte de pêche industrielle, avec peu d’emplois, peu de ports de pêche mais de très bons profits pour les quelques armements qui nous survivront ? Quel sera l’avenir de nos marins face à ces futurs géants de la pêche européenne ? Quel sera l’avenir de nos petits ports, de nos mareyeurs, nos poissonniers ?

Ne nous-y trompons pas, avec cette question de la pêche électrique, c’est encore une fois celle de l’industrialisation du secteur de la pêche en France et en Europe. Autorisons la pêche électrique comme nous avons autorisé les chalutiers géants néerlandais, britanniques, français, et le pouvoir de ces industriels s’accroîtra encore. Comme pour le chalut pélagique, la senne danoise, dès lors qu’une nouvelle technique, plus efficace, plus économe, apparaît, elle change les règles du jeu. Elle pousse les plus petits, les moins performants à la faillite, et les autres à venir adopter cette nouvelle technique.

Ensuite il y a la question environnementale bien sûr. Tous nos collègues des Hauts-de-France rapportent les dégâts que provoquent les chalutiers électriques hollandais, avec des mortalités incroyables de juvéniles et la désertification de leurs zones de pêche. Le plus incroyable dans tout cela est que les chalutiers hollandais défendent les bienfaits environnementaux de leur technique car elle est plus sobre énergétiquement et abîmerait moins les fonds. Mais nous ne savons RIEN de l’impact que ces décharges ont sur l’ensemble de l’écosystème : les poissons adultes bien sûr mais aussi les larves, les œufs, la flore ?

Enfin, il y a l’enjeu politique. Après avoir été interdite, cette technique a été autorisée de façon limitée pour une pêche à des fins de recherche scientifique en 2007. Or depuis cette date, le nombre de chalutiers équipés n’a cessé d’augmenter, jusqu’à une centaine aujourd’hui, soit bien au-delà du pourcentage autorisé par la réglementation européenne. Dans ces conditions, parler d’une pêche « scientifique » est un véritable scandale. Comment des armateurs ont pu outrepasser la réglementation européenne de façon si éhontée et en toute impunité ? Il n’est pas acceptable, quelle que soit la puissance de lobbying d’un groupe d’industriels, que nos démocraties acceptent de tels dévoiements. Puisque cette question doit être tranchée lors d’un prochain vote en plénière au Parlement Européen, à nos représentants professionnels, à nos députés français et européens, à notre ministre de montrer que notre voix compte et que cette technique de pêche doit être définitivement ABOLIE des eaux européennes.

                    

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