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Résultats du Conseil des ministres : les ligneurs toujours inquiets pour leur avenir

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 13 décembre 2017

 

Le Conseil des ministres des pêches de l’Union Européenne s’est tenu les 11 et 12 décembre 2017 à Bruxelles afin de décider des possibilités de pêche pour les flottilles de l’Union. Parmi l’ensemble des décisions prises, les ligneurs de bar attendaient avec anxiété celle sur la gestion du bar au nord du 48ème parallèle : Pour la pêche récréative, seul le pêcher-relâcher est autorisé ; pour la pêche professionnelle : poursuite du moratoire de la pêche du bar avec des débarquements autorisés par dérogation EN DEHORS DES MOIS DE FEVRIER ET MARS :

  • Chalutiers de fond et senneurs : respectivement 100 et 180 kg par mois et 1% du poids des captures journalières
  • Métiers de l’hameçon : 5 tonnes par an et par bateau
  • Filets fixes : 1.2 tonnes par an et par bateau

 

Une réglementation aux effets incertains

Comme nous l’avons indiqué, la fixation d’un plafond de capture annuel à 5 tonnes par ligneur menace directement de faillite les bateaux avec deux marins à bord, dépendant quasi-exclusivement du bar. Nous espérons que ces entreprises ne seront pas laissées sans aide de la part de la France. Nous nous réjouissons toutefois que l’Union Européenne tienne compte de la forte dépendance économique au bar du métier de la ligne et de son faible impact sur la ressource et sur l’environnement conformément à la Politique Commune des Pêches.

Nous nous réjouissons également d’avoir été entendus sur la nécessité d’appliquer un moratoire TOTAL durant les mois de février et mars, empêchant ainsi tout débarquement durant la période de reproduction.

Evolution de la biomasse de géniteurs de bar en zone Nord (CIEM-2017). Les scientifiques indiquent que le stock de bar est au bord de l’effondrement et appellent à un moratoire complet de sa pêche.

 

Les mesures prises sur la plaisance nous semblent appropriées compte tenu de la situation du stock et de l’impact de cette activité sur la ressource. Dans la mesure où les autorisations de débarquements autorisées pour les arts trainants se limitent aux prises réellement inévitables et accessoires, elles sont justifiées. Cependant, étant donné la situation dramatique du stock, nous craignons que la moindre autorisation de prise accessoire ne produise un effet d’aubaine. Nous avons eu vent tout au long de l’année de très nombreux actes de fraudes, notamment des débarquements non déclarés, ainsi que des transbordements entre navires. Si de tels actes continuent d’être commis en 2018, alors nous pouvons craindre le pire pour 2019. De même, la fixation d’une limite annuelle d’1.2 tonnes pour le filet fixe est une mesure potentiellement risquée si cela se traduit par une incitation à cibler spécifiquement le bar et in fine, par un accroissement des débarquements.

Par ailleurs, nous sommes particulièrement inquiets quant à la question de la mise en œuvre du Brexit pour 2019. La question du bar doit absolument être discutée, et aboutir avant la sortie effective du Royaume –Uni, faute de quoi il est absolument certain que les ligneurs, et le bar, seront pris en otage par les pêcheurs anglais. Nous avons pu avoir un aperçu des dégâts que cela peut engendrer avec le comportement dévastateur des coquillards anglais en Baie de Seine.

Enfin, nous rappelons que le problème de la délimitation des stocks est crucial et nous regrettons qu’il ne soit toujours pas abordé. Dans le golfe de Gascogne, l’application à minima, comme en zone Nord, de la même période de repos biologique en février et mars est une mesure de gestion indispensable afin d’éviter la reproduction du scénario catastrophe de la zone Nord.

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