Petite pêche en vidéo

6ème Assemblée Générale de la Plateforme de la Petite Pêche Artisanale au Guilvinec

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 19 février 2018

 

Le vendredi 16 février 2018, la Plateforme de la Petite Pêche Artisanale Française a tenu sa 6ème Assemblée Générale, avec l’accueil de l’association des ligneurs de la Pointe de Bretagne qui tenait son Assemblée Générale le même jour.  

Les professionnels présents dénoncent en premier lieu le manque de représentation du segment de la petite pêche artisanale au sein des instances professionnelles. Si la difficulté de libérer du temps est une des causes de cette absence, le mode de fonctionnement opaque et complexe de ces instances et notamment la disparition des comités locaux en est une autre, et certainement la principale. L’un d’eux témoigne ainsi :

« Nous sommes la majorité des bateaux et des pêcheurs, nous contribuons par nos cotisations professionnelles bien plus que les gros bateaux et pourtant nous ne sommes pas défendus par le Comité National, comme l’affaire de la pêche électrique l’a démontré ! »

Ils dénoncent ainsi l’absence de prise en compte des spécificités de leurs métiers, comme les fortes contraintes qui leur sont imposées par endroits pour pouvoir pêcher de façon polyvalente, en alternant casiers et hameçons par exemple. C’est une aberration, on subventionne et on favorise des techniques de pêche destructrices telles que la senne danoise, alors que dans le même temps, on envoie toujours des petits bateaux à la casse !

De plus, le système actuel de répartition et de redistribution des quotas organisé sous le règne sans partage des Organisations de Producteurs laisse un goût amer aux jeunes pêcheurs en installation, refusés par ces OP alors qu’ils se contenteraient de largement moins que ce dont disposent déjà de nombreux gros navires.

Au cœur de ce scandale des quotas, le thon rouge bien sûr, dont il a été largement question. Les pêcheurs de Méditerranée, et de tout l’Atlantique ne comprennent pas que l’augmentation massive du quota de thon rouge de 2018 à 2020 ne bénéficie pas à une part plus large de la flotte ! Ils fondent ainsi beaucoup d’espoir sur l’action en justice de contestation de l’arrêté de répartition du quota de thon rouge auprès du Conseil d’Etat déposée en avril 2017 aux côtés de plusieurs autres organisations de pêcheurs, dont les comités des pêches du Var et de la région PACA et renouvellent à l’attention de Stéphane Travert et d’Emmanuel Macron, leur demande d’une répartition plus équitable du thon rouge vers la petite pêche artisanale.

Les ligneurs de la Manche ont pu échanger avec leurs collègues du golfe de Gascogne sur la situation dramatique du bar. Si le printemps 2017 et la présence de nombreux petits bars ont donné quelques espoirs aux pêcheurs, le reste de l’année s’est révélé catastrophique, avec une baisse du chiffre d’affaires de près de 60% pour certains ! Ils dénoncent également l’indifférence générale des autorités devant leurs appels à l’aide pour des compensations financières, et cela depuis le début des mesures de gestion en 2015.

Les ligneurs de la Pointe de Bretagne, eux, répètent encore une fois leur inquiétude face à la diminution constante de la ressource de bar dans les eaux bretonnes. Cette situation de ressource déprimée génère des problématiques de cohabitation qui n’existaient pas auparavant. Comme le dit un pêcheur « là où avant, chacun pouvait pêcher sans déranger les autres, maintenant, le poisson est devenu tellement rare qu’il n’y a souvent plus qu’une « tâche » (un banc de poisson) à se partager, à parfois 10 ou 20 bateaux ! »

Si la plupart d’entre eux parviennent à maintenir leur entreprise à flot, ce n’est qu’à force d’augmentation du temps en mer et de constantes recherches d’amélioration technique. Il est donc hors de question pour eux d’augmenter la taille minimale du bar (38 cm au sud du 48ème), ce qui aurait d’importantes répercussions sur leurs entreprises et ne feraient qu’augmenter les rejets des autres métiers. Ils tiennent également à rappeler qu’ils s’astreignent depuis 2006 à un repos biologique du 15 février au 15 mars et s’engage à l’étendre sur l’ensemble des mois de février et de mars à condition que cette mesure soit respectée par toute la flotte.

Comble de l’absurdité, alors que rien n’a été fait pour protéger le bar à la fin des années 2000, la raie brunette, elle, est quasiment interdite de pêche (80 tonnes de quota en Manche). Elle est pourtant si abondante qu’un seul palangrier de 8 mètres peut en rejeter 40 tonnes dans l’année, soit la moitié du quota national !

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