Petite pêche en vidéo

Conseil des ministres 2018 : Nouvelle édition du marché de Noël de la pêche!

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 19 décembre 2018


Le Conseil des ministres de l’Union Européenne chargé de décider des possibilités de pêche de l’année 2019 s’est tenu les 17 et 18 décembre 2018 à Bruxelles. La question du bar était au centre des préoccupations de la petite pêche artisanale, étant donné la grande dépendance de nos navires à cette espèce.

Gestion du bar au Nord du 48ème parallèle : On prend aux ligneurs pour donner aux chalutiers.

En ce qui concerne le bar en zone Nord, le résultat du Conseil est le suivant :

-          Maintien du moratoire intégral durant la période de reproduction en février et mars

-          Augmentation des possibilités de pêche par rapport à la proposition initiale de la Commission Européenne pour les chalutiers, les senneurs et les fileyeurs qui passent respectivement de 100 kg/mois à 400 kg/2 mois, de 180 à 210 kg/mois, de 1,2 tonnes/an à 1,4 tonnes/an

-          Diminution des possibilités de pêche pour les ligneurs par rapport à la proposition initiale de la Commission (7 tonnes), qui pourront débarquer 5.5 tonnes par an et par navire

-          Limite journalière de un bar par jour et par pêcheur récréatif du mois d’avril au mois d’octobre.

L’assouplissement obtenu à la demande du Comité National des pêches ne manquera pas de créer un effet d’aubaine et une augmentation de l’effort de pêche, alors que la ressource est encore dans une situation extrêmement critique et que la restauration du stock et le maintien à flot de nos entreprises devraient être les priorités absolues durant cette période charnière.

Il est donc clair que l’on a déshabillé le ligneur pour habiller le chalutier… Si le plafond de 5,5 tonnes est suffisant pour un navire avec un seul homme à bord, il ne permettra pas aux entreprises avec deux hommes embarqués de survivre… La prise en compte du nombre de marins embarqués à la ligne devrait être le facteur clé d’allocation des possibilités de pêche du bar. Des marins ont donc été sciemment sacrifiés afin de satisfaire l’appétit insatiable d’autres marins, pourtant aucunement menacés de disparition Après des décennies de surpêche du bar sur les frayères, principale cause de l’effondrement du stock et du nombre de ligneurs, le métier de la ligne, le plus écologique qui soit, exemplaire également en terme de valorisation économique et d’emplois, continue sa lente agonie, victime de telles décisions !

Ajoutons à ce sombre tableau la perspective d’une sortie sans accord du Royaume-Uni dès le mois d’avril 2019, et l’avenir du bar et des petits pêcheurs artisans sera définitivement scellé…

La gestion des biens communs n’est pas une place de marché !

Encore une fois, le Conseil des ministres a plus la forme d’un marché aux poissons que d’une institution de l’Union Européenne chargée d’agir au nom de l’intérêt supérieur de l’ensemble des citoyens européens. Le grand marchandage annuel et l’opacité qui l’entoure ne sont plus acceptables si nous voulons encore une Europe au XXIème siècle. Le temps des démocraties « élitistes et technocratiques » est révolu. Les nombreux signaux d’alarmes qui sont envoyés chaque jour et dans tous les pays d’Europe devraient suffire à faire réagir les dirigeants européens et les futurs candidats aux prochaines élections européennes…

La pêche récréative : une inconnue qui doit être levée

Le dossier du bar met en exergue depuis des années les problématiques touchant à la pêche récréative. Manque de connaissance du nombre de pêcheurs, de leurs captures, absence de limitations de capture pour la majorité des espèces, cette activité doit impérativement faire l’objet d’un meilleur encadrement afin d’empêcher toute possibilité de braconnage ou de prélèvement excessif. Par exemple, certains pêcheurs récréatifs réalisent, en toute « légalité », des prélèvements de plusieurs dizaines de kilos de dorade rose, alors que cette espèce est quasiment interdite de pêche aux ligneurs

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