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Les pêcheurs basques dénoncent la senne danoise

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 17 avril 2019

Dans la nuit du lundi 15 avril au mardi 16 avril, un senneur danois immatriculé aux Sables d’Olonne et propriété de l’armement Coopératif Artisanal Vendéen (ACAV) a tenté de débarquer en toute discrétion sa pêche au port de Saint-Jean-de-Luz, où un camion l’attendait. Ce débarquement a été empêché et le bateau contraint de débarquer à La Rochelle. Si les pêcheurs basques réagissent aussi vivement, c’est qu’ils ont été alertés depuis longtemps par leurs confrères des Pays de la Loire des dangers que représente la senne danoise.

Depuis sa création, notre association dénonce avec vigueur cet engin de pêche destructeur. Nous soutenons donc l’action réalisée à Saint-Jean-de-Luz et réclamons encore une fois l’interdiction de la senne danoise dans l’ensemble des eaux françaises.

La senne danoise est une technique de pêche combinant à la fois le chalut de fond et la senne tournante. Elle consiste à encercler et rabattre le poisson situé dans une zone très large, de plus de 2 km²,  et le piéger à l’intérieur d’un chalut de fond. Il s’agit d’une technique aux capacités de pêche démesurées, avec des effets catastrophiques, pour la ressource, et pour l’ensemble des flottes de pêche. En vidant littéralement les zones de pêche et en effondrant les cours à la criée, tout en se vantant d’utiliser une technique économique et écologique, ils provoquent un désastre social et économique pour toutes les autres entreprises de pêche, du ligneur de 6,50 mètres au chalutier de 20 mètres.

Dans le golfe de Gascogne, de la Vendée à la Loire Atlantique, après des tentatives d’incursion dans les eaux bretonnes, puis une bataille juridique qui leur a permis d’accéder aux eaux du Poitou-Charentes, et maintenant dans l’ensemble des eaux de la Nouvelle-Aquitaine (grâce à la licence régionale « arts trainants » qui leur permet de pêcher jusqu’à 3 milles des côtes !) , les promoteurs de la senne danoise ne ménagent pas leurs efforts pour étendre leur territoire… Le fait qu’une vingtaine de navires nécessite un tel territoire est la preuve même de leur capacité de pêche destructrice.

Du côté de la Manche, alors que la technique était fortement décriée par la flottille des chalutiers, du fait des impacts catastrophiques des senneurs hollandais, elle est en train de s’installer durablement. Elle est d’ailleurs autorisée partout, en Hauts de France et en Normandie. A l’heure actuelle, seules la Bretagne et la Méditerranée ont réussi à contenir l’appétit sans limite de cet engin de pêche destructeur.

Nous dénonçons également l’hypocrisie des « représentants » professionnels, qui affirment défendre l’avenir de la flotte de pêche, tout en investissant personnellement dans des senneurs danois. C’est le cas de José Jouneau, pionnier de la senne danoise en France, président de l’Organisation de Producteurs l’OP Vendée, mais aussi président du comité régional des pêches des Pays de la Loire … et surtout armateur copropriétaire de l’Anthinéas, senneur danois de 22 mètres. Il est en outre président de la coopérative maritime et administrateur de la caisse régionale du crédit maritime atlantique. Le fait de cumuler autant de positions et de pouvoirs, et d’avoir des intérêts directs dans des entreprises de pêche ayant bénéficié d’appuis et de subventions publiques représente un conflit d’intérêt inacceptable ! Comment les pêcheurs peuvent-ils croire dans ces conditions que ce sont leurs intérêts qui sont défendus plutôt que ses propres intérêts ainsi que ceux des armements surpuissants qui investissent massivement dans ce nouvel engin, comme l’armement d’Intermarché, la Scapêche, qui s’associe avec d’autres armements, comme l’APAK en Bretagne, ou les Pêcheurs d’Opale dans les Hauts de France.

Les pêcheurs de Nouvelle-Aquitaine maintiennent leur demande d’interdiction de la senne danoise dans l’ensemble de leurs eaux. Ils peuvent compter sur la solidarité de leurs collègues des pays de la Loire qui nous ont déclaré : « Nous n’avons pas réussi à mener les actions nécessaires quand une interdiction était encore possible et nous vous apporterons tous notre soutien pour mener des actions afin d’interdire la senne danoise car nous connaissons les dégâts terribles qu’elle cause ».

 

 

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