Petite pêche en vidéo

La petite pêche réclame plus de souplesse à l’Etat

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 31 octobre 2019

Avec l’arrivée de l’hiver et des conditions de mer plus rudes, de nombreux patrons de petite pêche embarqués la plupart du temps seuls sur leur navire (généralement de moins de 10 mètres) pratiquent ce qu’ils appellent une « association ». Les deux pêcheurs embarquent ensemble sur l’un ou l’autre bateau, (le plus souvent le plus grand des deux, ou en tout cas le plus adapté aux conditions hivernales). Suivant un accord entre les deux marins, les captures effectuées à bord du navire utilisé sont réparties entre les deux patrons puis vendues et déclarées de façon individuelle par chaque marin sous le nom de son propre navire.

 

Une question de sécurité avant tout

Si les patrons pêcheurs adoptent ce mode de fonctionnement, c’est uniquement pour des questions de sécurité. La pêche en période automnale ou hivernale comporte souvent plus de risques, et le fait d’être deux à bord permet de faire face à toute situation difficile qui pourrait se présenter. Les pêcheurs ne font donc pas cela pour augmenter leur effort de pêche.

 

Les autorités maritimes de plus en plus intransigeantes

Malheureusement, cette pratique d’association qui était auparavant connue et tolérée de l’administration ne l’est plus, et plusieurs patrons ont été sommés de rentrer dans le rang, c’est-à-dire déclarer le patron embarqué sur l’autre navire comme un matelot, et enregistrer les captures au nom du seul bateau en activité.

Et des conséquences multiples…

Cette intransigeance administrative a plusieurs conséquences :

-          En employant le deuxième marin, les charges associées augmentent et alourdissent encore une fois le fardeau des charges : coût des licences, cotisation professionnelle obligatoire, etc..

-          En enregistrant les captures sur un seul navire, les deux patrons risquent de subir un revers de bâton : le navire actif déclarant les captures totales verra son (maigre) quota de pêche de l’année consommé très (trop) rapidement pendant que le navire inactif verra au contraire, faute de captures, ses possibilités de pêche pour les années suivantes menacées de diminution, ou pire, de suppression pure et simple

-          Pour les marins aux abois, notamment les plus jeunes, il ne sera pas question de subir de telles conséquences, et ces derniers devront se résigner à embarquer seuls, au péril de leur vie.

 

Nous appelons l’Etat à modifier la réglementation en vigueur

La défiance des petits producteurs vis-à-vis de l’Etat et de leurs « représentants » ne fait que croître. Augmentation des charges, des contraintes administratives, et tout cela pour quels résultats ? Rien, ou en tout cas rien qui n’aille vers une plus grande protection des petits pêcheurs.

Dans ce cas de figure, les contraintes imposées aux pêcheurs n’ont aucune justification en terme d’effort de pêche, mais accroissent encore plus le risque qui pèse sur les marins (malheureusement le métier le plus dangereux en France). Nous demandons donc au gouvernement de prendre en compte cette situation et permettre enfin aux patrons pêcheurs de pratiquer cette forme d’association en toute légalité.

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