Petite pêche en vidéo

Réforme du fonds européen pour la pêche : Quelle définition pour la petite pêche ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 6 décembre 2019

Qu’est-ce que c’est que la Petite Pêche Côtière ? Voilà une question qui a fait couler beaucoup d’encre, notamment ces derniers temps, alors que l’Europe est en train de réformer le fonds censé soutenir la mise en œuvre de la Politique Commune de la Pêche (PCP), le FEAMP (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche). Les textes européens en donnent pourtant une définition simple : La petite pêche côtière est définie comme « la pêche pratiquée par des navires dont la longueur hors tout est inférieure à 12 mètres et qui n’utilisent aucun engins remorqués » (article 3.14 du règlement FEAMP n°508/2014).

On y retrouve 75% de la flotte française, plus de 5 000 navires, et la même importance au niveau européen. Une flotte qui, certes, ne contribue pas à la majorité des débarquements, mais représente tout de même plus de la moitié des emplois à la pêche, des apports en produits de la mer extra frais pour de nombreuses criées réparties sur tout le littoral et un élément vital pour le tissu économique de nos littoraux. Voilà pourquoi la PCP comporte certains articles (très largement ignorés par les Etats…) visant à la défendre.

Mais elle dérange cette petite pêche… Surtout les lobbies de la pêche intensive ainsi que l’administration française et sa Direction des Pêches Maritimes (DPMA). Alors on tente de la mettre de côté, si ce n’est de la tuer à petit feu. Car l’avenir de la pêche, selon l’administrateur général des Affaires Maritimes, Jean-Michel Suche, c’est la flotte des 16-24 mètres… (Rapport sur le renouvellement de la flotte de pêche – 2014).

Bien sûr, les moyens de pression exercés sur notre segment vont plus loin que de simples rapports : promotion des techniques de pêche destructrices comme la senne danoise, surexploitation des ressources, accaparement des quotas, accumulation des règles, des taxes, des licences etc. etc.

Alors le courrier reçu récemment dans le cadre du processus de réforme intitulé « Proposition d’un plan d’action pour les petites pêches côtières – FEAMP 2021 – 2027 » contenant la proposition suivante : « Le travail sur la PPC porte à la fois sur la définition au sens européen FEAMP et également sur une définition élargie incluant :   

  a) La pêche à pied ;

  b) Les navires de « Conchyliculture petite pêche » ;

  c) Les navires :

        a. dont la durée moyenne des sorties de pêche est de 96 heures maximum et

        b. dont les activités de pêche sont limitées géographiquement à la bande des 12 milles nautiques. »

ne nous a bien sûr pas surpris… mais pose tout de même quelques questions :

Comment la France, dans le cadre de la réforme d’un règlement européen, nécessitant la production d’un Programme Opérationnel et d’un Plan d’Action pour la Petite Pêche Côtière, reposant donc sur une définition claire au niveau européen, peut-elle démarrer ce processus sur une redéfinition de la Petite Pêche Côtière incluant des navires pratiquant des marées de trois jours à l’intérieur de la bande des 12 milles ?

Nous y voyons, nous, le mépris des autorités françaises vis-à-vis non seulement du segment de la petite pêche mais également pour les textes européens. Il s’agit, dans la droite ligne des amendements apportés au futur FEAMP réintroduisant la possibilité de subventionner la construction de navires jusqu’à 24 mètres, d’une tentative de plus de vider de leur substance les dispositions de la PCP en faveur de la Petite Pêche Artisanale.

La petite pêche ne joue pas dans la même cour que les autres segments. Elle ne peut pas, avec ses faibles apports journaliers, lutter contre les senneurs qui débarquent à chaque marée plusieurs tonnes de poisson. Elle n’entend pas les concurrencer, mais demande que ses spécificités soient reconnues, et défendues.

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