Petite pêche en vidéo

26 mai 2020 journée nationale du thon rouge – portrait de pêcheurs : Pierre Morera

Pierre Morera, président du Comité Départemental des Pêches et des Elevages Marins du Var

Pierre Morera a 56 ans dont 35 comme pêcheur. D’abord à Marseille où il a été pêcheur d’oursins et de violets en bouteille, il est venu s’installer dans le Var il y a près de 10 ans et s’est formé au métier exigeant de la palangre. « Je suis pêcheur pour être sur l’eau, pour me sentir vivant. Je pars en général pour 2-3 jours, je dors au mouillage à l’abri des îles de Porquerolles, de Port-Cros ou du Levant».

Après des années à pêcher le pagre il s’est à nouveau réorienté vers une pêche plus polyvalente mêlant palangre et filets. « Le pagre il n’y en a plus. Je me rappelle précisément de l’époque où les magazines de pêche sportive se sont tous mis à faire des reportages sur Porquerolles comme l’El Dorado de la pêche au pagre. Bilan : la ressource s’est effondrée. »

Ayant investi il y a trois ans dans un nouveau bateau, il a tout prévu pour une pêche polyvalente et la pratique de la palangre dérivante pour l’espadon. « Sauf que quand on pêche de l’espadon, on pêche aussi du thon rouge et c’était un crime de le relâcher en mer, mort ».

Président du CDPMEM du Var, il est depuis 2017 un membre actif de la commission thon rouge au Comité National des Pêches afin de faire entendre les demandes et les propositions des petits pêcheurs. « Nous n’avons rien contre les autres métiers qui ciblent le thon rouge. Nous disons simplement que cette richesse doit profiter au plus grand nombre. Nous avons la chance d’avoir un stock qui se porte bien et un quota qui a augmenté ces dernières années. Donc une fois que les métiers historiques ont leur part, faisons la place aux nouveaux entrants. Pour les petits pêcheurs, le thon rouge peut être une espèce cible une partie de l’année ou une capture exceptionnelle dans le cadre d’une pêche polyvalente. Les ressources marines sont fragiles et le but est de répartir l’effort de pêche sur plusieurs espèces. »

Dans ce cadre, sa vision est de rendre possible l’installation de nouveaux palangriers « petits métiers » qui disposerait d’un quota minimum de deux tonnes pour une pêche du thon rouge une petite partie de l’année, mais aussi de rendre possible la capture exceptionnelle du thon rouge pour les plus petits bateaux. « On parle du droit pour les bateaux qui ont une catégorie de navigation les limitant à la proche bande côtière d’aller capturer quelques poissons quand il fréquente notre côte au cours de sa migration ».

« C’est un poisson magnifique. Nos clients sont émerveillés de le voir sur nos étals. On organise aussi occasionnellement des dégustations au port. L’ambiance est festive, conviviale, simple. C’est cela aussi que nous défendons. »

 

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