Petite pêche en vidéo

Bande côtière

Les pêcheurs rassemblés autour de la Plateforme de la Petite Pêche Artisanale revendiquent un accès prioritaire aux ressources de la bande côtière

La zone côtière, avec sa déclinaison règlementaire en bandes des 20 milles, 12 milles, 6 milles et 3 milles est l’objet de nombreuses convoitises aujourd’hui.

Longtemps délaissée par les opérateurs de la pêche productiviste qui trouvaient au large des possibilités de pêche plus intéressantes, cette zone littorale a vu nombre de ces acteurs opérer un retour opportuniste, au fur et à mesure que les zones lointaines malmenées voyaient leur capacité nourricière décroitre singulièrement.

Les communautés de petite pêche, imprégnées d’un fort sentiment de responsabilité environnementale, ont mis en place depuis bien longtemps des cadres de gestion efficaces matérialisées par un système de licences pour la façade Atlantique et Manche, et par des dispositions prud’hommales pour la Méditerranée. N’ayant d’autres ressources à pêcher que celles de leur environnement proche, les acteurs de la Petite Pêche ont  vite compris que les scénarios de gestion devaient anticiper les difficultés et non tenter d’y remédier.

En mettant en oeuvre des initiatives très concrètes telles que fermetures périodiques, contingentement des captures, encadrement des engins ou tailles minimales de capture, ils ont su préserver le patrimoine vivant.

Compte tenu du redéploiement d’opérateurs de la pêche industrielle ou productiviste dans cette bande côtière, les bénéfices issus de cette gestion vertueuse sont aujourd’hui menacés du fait de la mise en oeuvre de pratiques et d’engins de pêche hors de proportion avec la capacité de ces écosystèmes à subir de telles agressions. 

Actions de pêche par tout les temps, rotations en continu, surdimentionnement des engins, techniques innovantes chaque fois plus performantes tel que chaluts à triple traction, sennes danoises, chaluts à grande ouverture verticale ou sennes tournantes à grande chute verticale, long lines ou bientôt chaluts électriques  sont autant de menaces sur les équilibres nourriciers. 

La richesse de ces milieux est liée tout autant à l’abondance des stocks de poisson qu’à la qualité des chaines trophiques qui les caractérisent. La bonne tenue des stocks de poisson fourrage, la qualité des biocénoses et notamment l’abondance des populations de flore et de faune fixées, l’existence de zones refuges, la qualité préservée des zones de  reproduction et de nourriceries sont autant de paramètres ayant autant d’importance que les simples quantités pêchées. Une gestion fondée exclusivement sur une approche capacitaire (jauge, puissance et quotas) est incapable de répondre aux défis attachés à la bande côtière.

Les pêcheurs rassemblés autour de la Plateforme de la Petite Pêche Artisanale réclament une validation et un renforcement de leurs systèmes de gestion traditionnels, une application stricte des règlementations existantes, et un renforcement de l’arsenal règlementaire permettant de limiter les effets, dans la bande côtière, des techiques de pêche les plus impactantes au niveau environnemental.